Les Chroniques de Krän (13) (Pastiche)
Laissez-moi vous compter, ô amis friands d'anecdotes barbaresques, comment Krän sauva un jour son royaume avec son propre cul... Pas si propre que ça d'ailleurs.
Souvenez-vous d'abord ce personnage infame et sournois, frère du Roi et grand ourdisseur de complots, le prince Cochon qui, avant d'être sacrifié à la vindicte populaire par Krän, tenta d'imposer en terres barbares - et en vain - la démocratie (oh le vilain mot!). Avant de prôner les bienfaits de ce curieux régime, le prince Cochon essaya plusieurs fois en effet de ravir à son roi de frère, ce trône que le destin lui refusait obstinément... Une de ces tentatives sombra ainsi dans la pire des merdes... au sens premier du terme ! En voici l'histoire.
Krän souffrait un jour de douloureux gargouillis dans le bide. En effet, depuis des jours, notre barbare n'avait point déféquer et ça se bousculait vilain sous sa brioche. Trop de ripailles, des mets faisandés et voilà le grand Krän réduit à attendre que la taupe souffle au trou... Quelle déchéance ! D'habitude, Krän ne se préoccupait point de ce genre de détails : là où il se trouvait, sitôt que le général Etron annonçait ses troupes, il posait culotte et faisait son office. Qu'importe le lieu et les personnes présentes : comme il aime à dire « la nature n'attend pas ». Mais aujourd'hui, c'est une toute autre affaire qui se joue dans sa tripaille : impossible d'aller du corps et le mal ne cesse d'empirer. Au fond de son cul, ça bétonne, ça coagule, ça solidifie et plus c'est dur, moins ça sort. Il a bien essayé de fumer quelques herbes purgatives, de boire plusieurs litres d'huile et même quelques nains lui ont soufflé dans le joufflu (les pauvres...) mais rien n'y a fait. Krän gonfle donc comme une outre et certains commencent à murmurer qu'il va exploser de tant de merde accumulée. L'histoire finit par arriver jusqu'aux oreilles du prince Cochon qui, désespéré sur son strapontin, trouve là un fort bon prétexte de faire destituer ce roi aux boyaux empêchés.
Le prince commença alors par rédiger un long texte (car il savait écrire le fourbe) plein d'enluminures et de cachet et se rendit illico presto à la salle du Trône solliciter une entrevue avec Krän. Ce dernier se tordait de douleur et ses efforts pour dégazer se soldaient par un misérable prout vivement encouragé par ses conseillers et médecins, tous rassemblés autour de son volumineux popotin. L'odeur était insupportable. Cochon entra sur ces entrefaites et s'exclama : « Mon frère, j'ai dans la main la solution à tous vos encombrements ! Ce précieux parchemin - acquis à vil prix - vous libèrera sans délai le couloir à lentilles dès que vous l'aurez signé et prononcé la formule d'enchantement ». Tout à sa douleur, Krän aggrippa immédiatement le document et posa ses doigts graisseux dessus (ce qui valait signature vu qu'il ne sait ni lire ni écrire, l'inculte !). « La formule, vite, la formule ! » gémit-il. Le prince Cochon s'approcha alors de lui et lui glissa dans l'oreille : « Grand Roi, il te suffit de dire : J'abdique. Mon frère saura quoi faire. Rien de plus ».
Totalement abruti et ignorant, à tel point qu'un bonobo demeuré décrocherait sûrement le prix Nobel de littérature avant lui, Krän prononça alors pour son malheur la terrible formule. Quel gros con !!! A ces mots, brandissant le parchemin, Cochon se tourna vers l'assemblée et, avec un rictus démoniaque, s'exclama : « Barbares, prosternez-vous devant votre nouveau Roi et jetez aux oubliettes, ce constipé qui ne peut même plus commander à ses propres intestins ! ». S'en était trop pour Krän qui réalisant la trahison de son frère poussa un hurlement terrifiant dans le style : QQQUUUOUIIAAAAAARRRRGGGHHHHHHHEINGRRRRR (et j'en passe). Une colère salvatrice puisqu'il sentit aussitôt qu'au niveau du pantalon, les choses se précipitaient. A peine le temps de se dégager le poilu qu'il envoyait la sauce. Une sauce bien compacte qu'il balançait par salves, bouse après bouse, recouvrant progressivement le pavage de la salle du Trône. Il chia ainsi des jours et des semaines d'arriérés, éclaboussant sans vergogne conseillers et médecins qui pataugeaient dans le royal purin. Eructant et grognant de soulagement, il se releva enfin, admirant le désastre... Toujours pratique, il saisit des mains de son frère passablement souillé par sa vidange express, le parchemin de la discorde et s'en frotta énergiquement l'oignon. « Ca fait du bien ! » dit-il en guise de conclusion avant de s'exclaffer, visiblement guilleret.
Moralité : Qui a la chiasse, ne perd pas forcément sa place.
P.S : Magnanime, Krän pardonna à son frère sa maladresse et, cette fois-ci, ne lui coupa pas la tête. Le prince Cochon dut tout de même nettoyer la merde et enlever les tonnes de crotte rejetées par le cul de son frangin. Un TIG dont il se serait bien passé et qui lui coûta quelques nausées. Bien fait pour lui !
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