Chronique de Krän (16)
Qui sait mieux apprécier une délicieuse soirée à s’enfiler gobelet après gobelet et pichet après pichet et tout cela bien entendu aux frais du bon
tavernier (s’il ne veut pas subitement tirer un trait définitif sur toute descendance possible), que notre héros Krän ?
Personne bien sûr ! Ce soir encore nous retrouvons notre héros tout aviné, viré à grands coups de balais par un perfide et coquinou de tavernier
qui a profité d’un coma éthylique avancé pour virer de son établissement jusque dans le caniveau notre héros et son meilleur compagnon de beuverie, lui aussi refoulant sérieusement du
goulot.
Nos deux demeurés, trahis, ne pouvaient répondre de cet affront, l’alcool ayant « légèrement » obscurci leur
perception : pourquoi se lever et vilipender un honnête tavernier, alors qu’ils étaient confortablement installés dans le caniveau, au milieu des déjections en suspension ? Soudain
alors que tout espoir semblait perdu pour Krän et son compagnon, une main charitable leur vint en aide.
· « Mes pauvres amis, quel malheur vous a conduit ici en si piteux état ?
· « arf ? »
Notre héros, après un dur effort, consentit à ouvrir une paupière, histoire de voir l’emmerdeur qui ne voulait pas les laisser pioncer et lui filer une
trempe s’il était à portée (c’est qu’il faut pas venir les faire chier les gros barbares qui font leur gros dodo !)
· « arg, je suis au paradis ? »
Devant ses yeux se dressait Sainte Néné, avec son décolleté si bien rembourré qu’on voulait y mettre le nez. Ni une, ni deux, le sang afflua jusqu’à
Monsieur Pointu et le dessoula par la même occasion. Mais, son compagnon lui même s’aventura à ouvrir une petit œil qui atterrit lui aussi entre les deux mamelons. Nos deux héros
s’entr'étranglèrent alors, histoire de profiter seul de cette âme charitable qui, apeurée, prenait la poudre d’escampette. Ils convinrent de remettre à plus tard leur empoignade virile pour
rattraper en 4 enjambées notre mignonne si bien lotie.
Une fois rattrapée, puis attachée à un pylône (c’est qu’il ne faudrait pas qu’elle s’enfuisse à nouveau), nos héros pas vraiment décidés à se foutre
sur le museau à nouveau (surtout que si on tue son meilleur ami de comptoir, avec qui va-t-on jouer à touche bambou une fois tout arsouillé ?) ne savaient pas trop comment se partager Miss
90 D. Face à ce problème cornélien, nos deux héros décidèrent d’aller taper à la porte du vieux sage du coin, tout vieux et tout fripé, mais pas de mauvais conseil.
Après quelques instants de réflexion, le sage trancha la question en leur conseillant de trancher… en deux la mignonne ! Devant le génie de ce brave
vieillard, Krän décida de dévisser de son corps sa petite tête chauve, puis d'un commun accord avec son acolyte, de culbuter ensemble Sainte Néné, tout simplement.
Morale de l’histoire : pas d’sein, pas d’calin
PS : Au petit matin lorsque les pensées de Krän s’éclaircirent, il se rappela d’un certain tavernier qui avait bien mérité, il est vrai,
d’être flagellé.